Le tambour chamanique, arc d’alliance entre les mondes

« Le roulement des tambours, semblable au tonnerre du ciel, marque la voix de la Divinité ; il est, par sa nature et par son origine sacrée, un « souvenir de Dieu », une invocation du Pouvoir à la fois créateur et destructeur, donc aussi libérateur, dans laquelle l’art humain canalise la manifestation divine, et à laquelle l’homme participe également par la danse ; il y participe ainsi « de tout son être », afin de recouvrer la fluidité céleste à travers les « vibrations analogiques » entre la matière et l’Esprit. Le tambour est l’autel, le roulement marque la descente du Dieu, la danse la montée de l’homme. » – Frithjof Schuon

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Cette photo est une illustration, je ne suis pas chaman et cet article n’est pas de moi, il est de Claire Eggermont :   https://claireeggermont.wordpress.com/ 

Le tambour chamanique, arc d’alliance entre les mondes

D’un bout à l’autre de la terre, depuis les temps les plus anciens, le tambour joue un rôle primordial dans les rituels d’alliance et de communication entre l’Humain et l’Invisible. S’il y a « autant de chamanismes qu’il y a de chamanes », le tambour n’en demeure pas moins l’attribut le plus répandu de ces hommes et femmes « lieurs de mondes ». Black Elk disait de lui qu’il est « la médecine la plus simple et la plus profonde de nos nations, le battement du cœur sacré de la Terre-Mère ».

[…] Si l’importance accordée au tambour par les chamanes des diverses traditions est telle, c’est qu’il est le « véhicule », la « barque » ou encore le « cheval » leur permettant de voyager entre les mondes et d’aller chercher dans l’invisible la cause d’un désordre ou d’une dysharmonie. […]

Dans plusieurs pays, on retrouve le mythe selon lequel la caisse des tambours chamaniques serait façonnée à partir d’une branche de l’Arbre du Monde, axe central de la Terre, cordon ombilical la reliant au Ciel et aux Enfers. Normalement réservé aux morts, il existerait le long de cet axis mundi un « passage paradoxal » que les chamanes pourraient emprunter de leur vivant. […] L’ethnologue Jean Servier rappelle que pour les Gnostiques, l’âme qui s’incarne descend à travers sept états vibratoires successifs qui la densifient progressivement. Le voyage du chamane ne serait que l’ascension inverse « permettant à l’homme de retrouver avec son état premier la communication avec l’invisible. » Cela n’est pas sans rappeler les sept cieux de l’échelle céleste connue des traditions chrétiennes et musulmanes, la « corde céleste » des Ashanincas, ou encore les neuf encoches du « mât cosmique » des peuples de l’Altaï. Dans diverses ethnies, c’est le bouleau qui représente cet Arbre du Monde, le pivot le long duquel le chamane mène son ascension. En Sibérie, lors de son éprouvante initiation, l’apprenti, après avoir invité ses esprits alliés à pénétrer dans son tambour, escalade le « bouleau sacrificiel », franchissant neuf paliers pour parvenir au « neuvième ciel ».

De manière plus pragmatique, Aigle Bleu, descendant et spécialiste des Premières Nations d’Amérique du Nord, perçoit ainsi la fonction du tambour : « Le tambour est un don de la terre. En faisant résonner son cœur, on se rattache à elle, la conscience s’ancre et l’esprit peut voler. On acquiert la capacité de voyager dans les mondes subtils sans jamais s’y perdre. » […]

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Publié dans Développement personnel, Pratiques de santé

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